mercredi 1 août 2012

Kilometer 1,5


Une pièce dans le jukebox. Daisychain. 
Bande-son fixée, caméra lancée, on tourne... C'est le petit Kilometer 1,5.




On tourne quoi au bout du compte ? Ce film de souvenir que tu m'as laissé ? Mmh non, allez, aventure, exploration, vagabondage, ça devrait le faire...


Marcher. Marcher. Encore marcher, sous les soleil. Ses rayons sont retenus par la poussière de la route, grands nuages orangés qui flottent au dessus du bitume chaud. Le vent est pourtant là pour tout balayer, mais rien n'y fait, rien n'est définitif, et tout revient après chaque souffle d'air. 
Mes lunettes de soleil le savent. Ces fins grains de sable sur les verres... Le ciel bleu enlace la plaine dorée. Une envie soudaine de s'allonger au milieu de champs de blé. 
Je m'endors, les épis m'entourent, les nuages me contournent. Tu sais, je repense à toi, des fois.

Ton parfum, ton regard, tes habitudes, tes gestes, tes expressions, ... Du passé.
Je ne vis pas dedans. 
Je repasse juste devant, de temps en temps, comme on regarde la cour de son école, là où on a grandit, comme on revoit ses camarades de classe, avec qui on a tout appris, comme on retrouve ses amis de soirées, avec qui on a tout partagé. 

Et puis certains jours j'oublie. J'oublie tout ce bordel autour de moi, les guerres, la pollution, l'argent...
Je me pose, et je regarde les papillons en rigolant.



La vie est géniale de temps en temps. Elle réserve des moments, qu'on attend sans jamais imaginer à quel point. A quel point elle peut nous surprendre, et que c'est pour ça qu'on l'aime autant, cette vie .
Je me sentais fort. Je faisais tout pour l'être, depuis des semaines. Des mois. Peut-être même des années, mais j'ai oublié. Et puis là, je ne sais pas.


La nuit était tombée. Les bruits de la nuit, en été. Les craquements qui viennent de nulle part, les crissements des criquets encore réveillés, et les chouettes qui passent et planent, une silhouette sombre dans le ciel clair, discrète.
J'étais encore allongé. Cette petite étincelle m'a attiré l'oeil, au milieu de la nuit. Luciole. Petite lumière à travers l'obscurité. Je sais pas comment tu m'as trouvé, ou comment je t'ai trouvé. Enfin l'inverse ou le contraire.
Je t'ai regardée. Tout seule, au coeur de rien, j'ai eu l'impression que tu me souriais.
Et j'ai pleuré. Je me souvenais plus comment ça faisait. Mais j'ai pleuré. Comme ça, sans vraiment de raison. Et je souriais. Humeur stable il paraît. Tu parle. 

Une goutte d'eau salée. Elle coulait, courait, sans s'arrêter, sans s'essouffler, sur ma joue.

Et je suis resté comme ça un temps. De longues minutes. Des heures, peut-être. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais je suis heureux. Je crois.






ß)

2 commentaires:

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