samedi 21 juillet 2012

Musical Memory

Une petite "chronique du soir" de plus, pour ceux qui les aiment, ou ceux qui veulent essayer (pour savoir si ils aiment, bien sûr!)
Gentiment inaugurée par Marie. ;-)


Histoire d'un soir. Mélodie d'une histoire. 


"Des doigts se balladent sur les touches blanches d'un piano. Mélodie infinie, accords répétés. La chemise du pianiste est aussi impeccable que son smoking est noir, que son instrument est brillant. Perfection des gestes, précision sensuelle.

Et pendant ce temps là, à l'autre bout du monde, la Terre ne s'arrête pas pour autant de tourner. Les alpinistes continuer d'escalader les montagnes, les étendues gelées... Trois hommes qui se promènent au milieu d'une immensité de blanc. La neige recouvre le glacier et seule la puissance du vent est capable de décoiffer quelques uns des pires rochers. La nuit va tomber.
Tu étais parmi eux.

Le son du piano-bar envahit les tympans, se mêle aux nuages de fumée environnants. Une cigarette allumée au bout des lèvres, le soir est maintenant couché, ambiance lumineuse tamisée.
J'étais avec eux.

La pleine lune fait son apparition au pays des bonhommes de neige. Les pics à glace brillent dans l'obscurité. Le feu de camp vacille, la carte observée est plus ou moins bien éclairée. La faute aux nuages qui passent, la Lune a parfois envie de se cacher.

La petite lumière, au bout de ses lèvres, se promène allègrement au fil des voyages sur le piano.

Le parcours effectué fait des noeuds sur le papier. Boussole désordonnée. Et ce vent qui veut à tout prix jouer. Arracher cette carte des mains pour lui faire voir du pays.

Il se mettait à chanter. Une mélodie mélancolique comme on n'en fait plus. Au milieu du léger brouhaha d'alcooliques, de fumeurs et d'égarés, je me croyais finalement sur le Titanic, grâce à ce solitaire envouté.

Perdus, égarés. L'air se refroidissait, et la décision de ne pas rester là, partir, venait sans tarder. La neige durcit pendant la nuit. Les nuages ont l'air moins moelleux transpercés par des pics jamais traversés.

Costume parfait. Chemise propre. Piano immaculé. Seulement, il sentait l'alcool et la fumée. L'étincelle se promenait toujours au bout d'une cigarette, elle était une consommatrice prête à vaciller.

La nuit est passée. La crevasse sombre ne l'avait pas été. La montagne ne rend jamais ceux qu'elle a emprisonnée.

Ivresse nocturne. Tempo désaccordé. Personne ne s'en rend compte, les imperfections se cachent derrière les sonorités. Tristesses d'un homme, oubliées après s'être évadé.
Jamais personne ne saura. Que pendant ces heures de coma, tu jouais chacune des chansons préférées de tes meilleurs amis. Disparus au milieu d'une nuit de tempête, il y a quelques années. Tu les a fait renaître. L'instant d'un verre, d'une soirée.
Elle t'avait tout pris, mais n'aura jamais réussie à l'emprisonner, elle. Elle, cette force invincible, qui ne te verra jamais abandonner, jamais. Elle, cette putain d'Amitié."





Voilà, c'était la petite histoire du moment, en espérant qu'elle vous a plu. Dans la suite du "Tour du monde" et de "Kilometer 1". 1, parce que les Kilometer seront sûrement une future série de ce genre d'articles, si les retours que j'ai sont positifs, et je l'espère ! Merci encore pour ceux qui en font déjà d'ailleurs, des retours sacrément positifs, c'est avec ce genre de remarques que l'on a envie de continuer. Et de s'améliorer quand vous avez la gentillesse d'apporter des critiques constructives. Encore merci pour votre fidélité, on se retrouve au prochain article ! :)
La photo du piano est fourni gracieusement par mvttley , Merci !
ß)

2 commentaires:

  1. C'est tout simplement parfait.. Le texte, la musique, les images.. je ne m'en lasse pas ! Je guette la prochaine histoire avec impatience ! :)

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