Y aller à l'improvisation.
Ne rien laisser décider à votre place.
Les doigts glissent sur les touches, lentement, sûrement. Puis rapidement et de manière déséquilibrée. Tu n'as pas assez abusé sur les doses de café. L'heure tardive commence à se faire sentir. Tes doigts filent, filent, toujours plus vite, pour laisser aller les idées. Et sous ce massage doux, sensuel, mais un peu froid des touches du clavier, tes doigts deviennent des instruments fragiles et instables, le lien entre l'idée et l'émotion.
Ne rêve pas, pauvre con.
A écrire comme un Ventura au Cinéma, tu commence à te prendre pour Hugo, Zola... Mais regarde toi. Désabusé par l'heure qui passe, tu résiste au temps en écoutant ta musique de piano bar. On se croirait dans un salon du Titanic, le soir. A attendre que le bateau coule. Et ces idées bizarres avec. Non, elles ne sont pas noires. La noirceur existe, mais ne mérite pas sa place dans cet univers. La Terre a un ciel bleu si beau que les nuages ne sont pas toujours les bienvenues. On comprendra facilement alors pourquoi... Pourquoi on préfère tous regarder les étoiles plutôt que la nuit qui les entoure.
Poussé par tes idées, tes rêves d'absurdité, tu es encore réveillé, il est une heure du matin passé. Qui serait capable, dans ces heures là, de se décider à écrire quelques lignes, quelques paragraphes... Tu te pose la question. Il y a au moins une réponse, toi.
Partager la féerie de ces nuits, ce n'est pas encore l'été, mais le fond sonore te rappelle les horizons lointains, des soleils couchants, la poussière du Far West qui passe au dessus d'une piste d'aéroport déserte. La tour de contrôle s'endort, le clignotant rouge de son antenne se revigore. C'est la fin du chômage technique, prépare toi à une nuit de travail longue de 10 bonnes heures, le ciel est couvert. Tes compatriotes luminescents en bout d'ailes ont eu la chance de voyager. Posés sur le Learjet en approche, ou sur le 747 voisin des étoiles, certains auront pu observer le dessus de notre belle planète. Clignotants, le rouge et le vert réveillent les passagers peu prévoyants du hublot d'aile.
"Avec hublot, avec hublot !" qu'ils disaient. Et maintenant, l'horloge tourne à la manière de ces voyageurs de métal en haut dans le ciel, et tu n'arrive pas à t'endormir, malgré ton masque posé sur les yeux. Regarde. Ne perd pas ton temps à ignorer ce qui essaye de t'éveiller chaque seconde, alors que si ça se trouve, il t'invite simplement à jeter un oeil sur la mappemonde. Ne te sens-tu pas différent, après avoir compris que d'ici, tes amis ne sont plus visibles ? L'arbre dans lequel tu te cachais pendant ta tendre enfance, celui sous lequel tu embrassait pendant l'adolescence, vu de là haut tu ne le distingue même plus.
N'ai pas peur. L'avion se posera sûrement d'ici quelques heures, faisant fuir un kangourou en Australie, ou sous la pluie chaude du Sud de l'Italie.
Et moi, je n'aurai pas quitté ma page blanche. Il est loin, le temps des avalanches, skieurs emmitouflés dans leurs combinaisons, lunettes teintées pour élargir les horizons. L'Hiver est passé, le Printemps s'est installé. Mais pas plus de mots qui bourgeonnent sur ma feuille que sur la branche morte du cerisier d'en face. Je le vois de ma fenêtre, foudroyé en mars, je n'avais jamais vu autant de ténacité. Pas besoin d'Hermione et sa baguette magique de hêtre, les fleurs blanches ont déjà nettoyées en partie les traces de ses blessures. Il gardera pour cicatrice cette branche qui a perdue de son allure.
Et les rayons du soleil, qui se réfléchissent sur mon écran de téléphone. Je ne sais pas quand ils auront trouvés ce à quoi ils pensaient, mais je m'impatiente de pouvoir les écarter, ils m'empêchent de guetter ton arrivée. J'attend ce message depuis maintenant plusieurs heures. La clarté du jour ne suffit pas à me consoler de ton départ pour les bras de Morphée... Possessif, peut-être. Amoureux, jusqu'à ne pas m'en remettre. Mais j'accepte, n'est-ce pas ce contrat que j'ai signé en te gravant dans mon coeur ? Ma poitrine n'avait jusqu'à maintenant pas encore accueillie de si belle pensées.
Je rêverais de toi la nuit, en train de dormir, je te vois, sourire, en espérant que ma présence y est pour quelque chose.
Ma patience est soumise à rude épreuve, un tour du monde n'a pas suffit, tu rêve encore, bien au chaud dans ton lit. Finalement tu es mon monde, et j'aime cette vie.
Quand reviendras-tu ? Jeune princesse, je ne tiens plus.
ß)

Gé-nial !!
RépondreSupprimerMerci Mr.Bigtoche ! ;)
SupprimerMagnifique !
RépondreSupprimerMerci de ta visite Mathilde, virtuelle pour une fois ;)
SupprimerJe tombe de haut, c'est une chute merveilleusement agréable à la lecture de cet article.
RépondreSupprimerEt moi, je suis agréablement surpris de tes visites, et maintenant de ton commentaire. Ça en devient flatteur d'avoir des lecteurs comme toi, à qui mes "chroniques d'un soir" (si on peut les appeler comme ça) plaisent ! :D
Supprimer